Conclusion de la section
Ce chapitre a exploré les mécanismes de la mondialisation et leurs implications avec les préoccupations écologiques. Nous n’apportions pas dans ce qui précède un constat révolutionnaire. La consommation fait souvent appel à des désirs personnels, ce qui la rend susceptible de se mélanger avec nos cultures nationales distinctes. Le commerce mondial n’a pas toujours fonctionné de cette manière, ce qui constitue une caractéristique marquante de la mondialisation actuelle. Cette période a été marquée par une expansion du commerce, bien qu’il y ait eu quelques moments de ralentissement. La formule de la stabilité sociale n’aurait toutefois été que partiellement appliquée, d’où l’échec de la vision de Fukuyama. Aujourd’hui, nous aurions plutôt le spectacle d’un effondrement de l’ordre international, mais alors pas parce que la formule de stabilisation des sociétés ne fonctionne pas. Plutôt parce qu’elle ne fonctionne plus en raison de chef politique enclin à ne pas les respecter. Le déclin économique ne permet plus de soutenir des classes moyennes vitales et les externalités environnementales ont commencé à se manifester même dans les observations anecdotiques de gens.
La crise écologique présente une série de problèmes superposés et interconnectés, en commençant par la persistance d’options qui tiennent à ne pas la reconnaître. Elle est en cela un vrai problème épineux. La crise redéfinit ce que veut dire la responsabilité du gestionnaire. L’impératif de se faire vert va de soi, non parce qu’il s’agit d’un objectif stratégique évident, mais plutôt parce qu’il est la forme que prend aujourd’hui le leadership (compris comme l’exercice récurrent d’une volonté de relever des défis). Le gestionnaire doit pour cela élever Dame Nature à un rang de partie prenante et prioriser quelque chose qui semble loi de ses objectifs stratégiques. Ce faisant, le gestionnaire travaille à définir comment ces objectifs peuvent être intégrés aux siens et parvient alors à un équilibre éthique avec lequel il devra apprendre à vivre. Il est crucial d’aborder ces problèmes avec calme et réflexion, sans sombrer dans le cynisme. C’est là la marque du leader.